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Dès son plus jeune âge, Samuel s'intéresse à toutes sortes de choses (bateaux, dessin, sport, etc...). Le véritable déclencheur de l'intérêt porté au sport automobile, particulièrement à la monoplace, est sans conteste la Bande Dessinée de Jean Graton « Michel Vaillant F3000 » que possédait son cousin Tony.
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Nom : BAVARDAY Prénom : Samuel
Date de naissance : 23 avril 1988
Nationalité : Française
Taille : 1m83
Poids : 75 kg Lieu de résidence : Lyon
Profession : En passe de devenir pilote professionel
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Samuel peux tu te présenter à nos lecteurs ?
Je suis né et j'ai grandi sur l'île de Marie-Galante. En 2006, j'ai obtenu mon BAC S au Lycée de Marie-Galante. Je suis quelqu'un de déterminé. Comme beaucoup de jeunes antillais, je me suis par la suite expatrié en France puis en Angleterre pour poursuivre mes études. De ce fait, j'ai découvert le pilotage à travers le karting en 2008. Puis l'année suivante, j'ai débuté ma carrière de pilote automobile en monoplace en participant à plusieurs journées d'essais en Formule Ford et en Formule Renault.
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 Ta passion grandissante pour l'automobile nait dès ta plus tendre enfance à travers de célèbres personnages de bande dessinée et de jeux, pensais tu réellement que tu pourrais en faire ton métier en étant plus grand ?
Lorsque j'étais enfant, je voyais le monde de la Formule 1 comme  inaccessible et réservé à une élite. Je pensais inconsciemment qu'un noir, marie-galantais, comme moi, n'avait aucune chance d'intégrer ce milieu. Je n'aurais jamais osé m'imaginer pilote !Â
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En quoi, dirais-tu que ton parcours professionnel est-il inhabituel ?Â
Mon parcours est assez inhabituel car j'ai appris les bases du pilotage à travers les simulations automobiles.                           Â
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Crois tu que les nouvelles technologies, notamment les jeux de simulations accessibles à tous, permettent d'acquérir déjà une base non négligeable de pratique à la conduite ?Â
Tout à fait. De nos jours les progrès technologiques sont tels que les simulations automobiles sont très proches de la réalité. Pour peu que l'on ait un bon volant, on peut vraiment acquérir une bonne base du pilotage. Personnellement, j'utilise régulièrement les simulations pour m'entraîner et pour m'amuser ! C'est très pratique car, par rapport au réel, le coût est moindre. Â
 Lorsque tu participes à une session de IWAY, le premier simulateur de formule 1 ouvert au public, pour toi ce n'est pas simplement un déclic, mais plutôt une certitude que ce sera ton métier. Peux-tu nous raconter ?
Cette séance, que mon frère Josué m'a offerte pour Noël 2008, a été pour moi une révélation. En effet, en m'asseyant dans le cockpit de la Formule 1, j'ai ressenti quelque chose de très difficile à décrire. Après cette expérience, j'ai vraiment compris que ma place était au volant d'une voiture de course.
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 Entre Octobre 2008 et Février 2009, tu combles tes années de retard en concourant à plusieurs sélections nationales de karting, à ce moment là dans quel état d'esprit te trouvais-tu? Y a-t-il un âge ou des critères précis pour accéder à cette profession ?
A cette époque, je découvrais mon potentiel et je commençais à envisager d'aller plus loin. J'étais donc très enthousiaste mais je m'efforçais de garder les pieds sur terre car je ne savais pas trop où tout cela me conduirait. Concernant l'âge, je ne pense pas qu'il y ait une limite précise pour accéder à cette profession. S'il est vrai que beaucoup de pilotes commencent leur formation très jeunes, il n'en demeure pas moins que d'autres commencent sur le tard. Je peux citer, en exemple, Bruno Senna qui a commencé sa carrière à 21 ans, comme moi, et qui, cette année, sera en Formule 1. De plus, le retour à la compétition de Michael Schumacher à l'âge de 41 ans démontre qu'il n'est jamais trop tard pour exercer cette profession.
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Puis s'enchainent : un stage à l'écurie « Euroformula », des journées d'essais privées dans d'autres prestigieuses écuries telles que « Griffon technologie ou Antel Motorsport », ton rêve était-il en train de prendre forme ?
Effectivement, je commençais ma carrière de pilote. Les sensations que j'avais au volant ne faisaient que conforter ma décision. J'ai, par la suite, entamé mes premières démarches de demande de sponsoring « hors famille ». Le rêve devenait réalité !
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Le 10 Juillet 2009, tu obtiens ta « licence National B » (permis de conduire sur circuits internationaux anglais) à Thruxton, un circuit en Angleterre. Accède-t-on facilement à ce niveau ? Peut-on dire qu'il s'agit d'un sport sélectif ?
J'ai effectivement passé ma «  licence nationale B » sur le prestigieux circuit de Thruxton en Angleterre. Techniquement parlant, on peut accéder assez rapidement à ce niveau. Il suffit de s'y mettre sérieusement et de préparer efficacement, comme tout examen, les épreuves écrites et pratiques. Cependant, dans ce sport, il ne suffit pas d'être performant sur la piste. Il faut trouver rapidement des sponsors pour disposer d'un budget non-négligeable avant de pouvoir faire carrière.
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 Ton rêve de devenir un successeur d'Hamilton ou de Senna, a, je suppose, un coût financier assez important. Es- tu soutenu par des partenaires ? Peux-tu nous chiffrer un peu les dépenses que ta famille et toi ont du faire jusqu'à ce jour pour que tu te rapproches au mieux du secteur de la formule 1 ?
En octobre 2009, j'ai eu mon Premier sponsor en la personne de Monsieur DARIUS Frantz de « Salines espaces verts », que je remercie. Je suis actuellement en négociation avec plusieurs autres « futurs » sponsors. De nombreux membres de ma famille, que je remercie également, ont financé l'intégralité de mon parcours 2009. Nous avons dépensé environ 7 000 €, logistique incluse.
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Début janvier 2009, tu as fait connaissance avec ta nouvelle équipe de formule 3 et vous avez planifié la saison 2010, sous quelles augures s'annoncent-elles ?
Effectivement grâce à mon sponsor, le vendredi 8 janvier j'ai rencontré le team manager de l'écurie « Franz Wöss Racing » à Schwarzenberg en Autriche. Nous avons discuté en détail de notre future collaboration. C'est une équipe qui dispose de 27 ans d'expérience et qui est 7 fois championne d'Autriche de Formule 3 (son dernier titre remonte à 2009). De plus, cette année, ce même championnat, sera composé de 2 courses en France, 8 en Allemagne, 2 en Autriche ainsi que 2 en Croatie. C'est une très belle opportunité car je pourrais me former dans un championnat international de Formule 3 à un coût « raisonnable ».
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Revenons à ton parcours scolaire, tu as fais une école d'architecture à Nantes, puis continué au sein de l'architecture navale à Southampton en Angleterre. Mais depuis 2009, tu as mis en suspens tes études et tu es revenu sur la région lyonnaise pour te consacrer entièrement à ta "carrière de pilote". Un tel choix est-il risqué? Est-ce stratégique ?
Vu de l'extérieur, c'est un choix qui peut paraître risqué mais ce sont des risques calculés. Je pense que pour atteindre ses objectifs il faut être impliqué à 100%. Je fais donc tout mon possible pour me donner les moyens de faire de ma passion mon métier, et cela passe par un travail de fond considérable. En effet, je gère moi-même tous les aspects de ma carrière (dossiers sponsoring, site internet, communication, recherche de sponsors...). Je me dois donc d'être à la fois mobile et disponible. Le choix de la ville de Lyon s'est fait par rapport à la présence de certains de mes proches, puisque j'ai besoin d'un certain soutien psychologique et également pour des raisons de logistique car l'aéroport « Saint-Exupéry » ainsi que la « Gare Part Dieu » me permettent d'avoir une bonne mobilité sur toute l'Europe.
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 Pourquoi avais tu fais cette orientation d'études à la base, que t'a apporté comme enrichissement personnel ces deux ans en Angleterre ?
Quand j'étais petit je voulais devenir « pilote » de vedette rapide. En effet à cette époque il y avait une rivalité entre les deux compagnies maritimes locales qui reliaient Pointe-à -Pitre et Marie-Galante. Je voyageais souvent dans la cabine du capitaine et je n'avais qu'une envie c'était de prendre les commandes et de faire la course ! Plus tard en grandissant, je me suis intéressé à la conception de bateaux de courses après avoir vu les bolides de la « Route du rhum ». Au final, je suis simplement passé d'un type de course à un autre car ce sont deux milieux très similaires. Ce que j'ai appris en ingénierie navale me sert maintenant en ingénierie automobile. Mes deux années passées en Angleterre m'ont également permis d'enrichir ma connaissance de cette langue. Je peux désormais communiquer relativement facilement avec mes contacts internationaux. Â
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Le manque d'infrastructures peu adaptées ou voir inexistantes pour faire du karting à la Marie-galante t'a-t-il un peu réfréné et t'a-t-il conduit [...] à reléguer ta passion au deuxième plan ? Si un jour, comme nous le souhaitons, tu arrives à tes objectifs, penses tu palier à cela ? Il est vrai qu'il n'existe aucune piste de karting à Marie Galante, mais je pense qu'un jour cela changera. De mon point de vue, il serait vraiment intéressant de créer un championnat de la Caraïbe de karting ou même de monoplace en utilisant des circuits urbains à l'image de ceux de Monaco ou de Singapour. Ce serait formidable pour moi de piloter dans les rues de Grand-Bourg de Marie Galante ! A moyen terme, si je peux contribuer à l'élaboration d'un tel projet, j'en serais ravi !
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 Quel conseil donnerais-tu aux lecteurs ?
Je ne pense pas être en position de donner des conseils mais comme on dit chez moi : Kimbé rèd pa moli !
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Propos recueillis par Leaderdhom
Tous droits réservés à Leaderdhom
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